Vivre et l'écrire

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Des rues et des contes

Les rues de la Ville et dans une moindre mesure celles de l’Île aux Brumes, ainsi que certains édifices portent des noms de personnages et d’œuvres littéraires ou bien s’inspirent de différents mythes. Parmi les œuvres littéraires, les contes tiennent une place importante. Pourquoi ce choix ? Parce que ces petites histoires que l’on nous a racontées pendant notre enfance ont constitué pour beaucoup d’entre nous une sorte de porte d’entrée en littérature parfois bien avant que nous sachions lire.

Pour ma part, j’ai été très marqué dans ma jeunesse par les Contes des frères Grimm et j’ai utilisé le titre de l’une de leurs histoires les plus célèbres, « Hansel & Gretel », pour en faire le nom de l’un des boulevards de la Ville, siège d’un journal impliqué dans l’enquête.

 

Deux contes de Hans Christian Andersen servent également de noms de baptême : c’est dans la rue de la Petite fille aux allumettes que se situe le lieu de résidence d’Héloïse Delaunay tandis que l’on retrouve la maison de Marie-Ange Fauchelevent dans l’allée de la Petite sirène. Le premier des deux contes souligne le lien affectif très fort qui unissait la petite fille à sa grand-mère décédée. On retrouve dans mon roman ce même lien affectif très puissant qui unit cette fois Héloïse Delaunay et son petit-fils décédé, Alexandre.

 

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La Petite Sirène, Copenhague

 

Parmi les conteurs qui m’ont influencé, on trouve également Charles Perrault : la rue du Petit Poucet abrite la Taverne du Hollandais-Volant sur l’Île aux Brumes. Ma jeunesse a été marquée par l’adaptation cinématographique de ce conte réalisée par Michel Boisrond en 1972, l’année de ma naissance, avec Jean-Pierre Marielle dans le rôle d’un Ogre qui m’avait fortement impressionné.

 

 

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Le Petit Poucet, Film de Michel Boisrond (1972)

 

J’ai également utilisé Les Mille et Une Nuits pour baptiser l’une des places les plus importantes de mon récit. Là se trouve le café-restaurant « Les copains d’abord » des époux Bettencourt. Le saltimbanque Nils Andersen, membre de la Guilde des Gardiens de la Mémoire des Contes a pris l’habitude d’y chanter et déclamer des poèmes. La rue de Sinbad le Marin, proche d'un théâtre, est une autre trace laissée dans mon roman par ce recueil de contes orientaux.

Cette influence exercée par les contes se retrouve dans la trame même de mon roman puisque mon récit prend lui-même les allures d’un conte. Et l’on sait dès la première page que le narrateur s’avère être lui-même un conteur dont l’identité ne sera révélée qu’à la fin de mon histoire.

 

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Sinbad le Marin, illustration de Gustave Doré (1865)

 

Jacob et Wilhelm Grimm, Hans Christian Andersen et Charles Perrault étaient tous des conteurs. Mais si Andersen a publié des contes originaux, les frères Grimm et Perrault ont surtout contribué à sauvegarder de l’oubli de vieilles histoires issues de la tradition orale en les retranscrivant. Mais qu’ils aient été faiseurs ou simplement passeurs d’histoires, ces conteurs ont tous contribué à leur transmission, comme des générations de parents, avant et après eux, ont contribué à transmettre ces contes merveilleux à des générations d’enfants jusqu’à nos jours.

 

Avec la Guilde des Gardiens de la Mémoire des Contes, confrérie constituée de descendants d’écrivains (mais en réalité surtout de conteurs) qui s’évertuent à entretenir et transmettre le souvenir des œuvres de leurs aïeux, c’est un hommage que j’ai voulu rendre à la fois à ces auteurs qui ont enchanté notre enfance mais également à ces générations de parents et à tous ceux qui ont contribué à la transmission et à la sauvegarde de ce patrimoine littéraire.



29/12/2016
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