Vivre et l'écrire

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Journée de l'accessibilité

A l’occasion de la journée de l’accessibilité qui s’est déroulée hier, j’ai participé à une action de sensibilisation organisée par Jaccede.com.

 

 Il s’agit d’un guide collaboratif des lieux accessibles aux personnes à mobilité réduite qui se donne pour mission de faciliter l'accès aux informations sur les adresses accessibles, développer la notoriété des établissements accessibles aux personnes à mobilité réduite, valoriser les efforts en matière d'accessibilité et enfin encourager et accompagner les commerçants dans leurs démarches pour se rendre accessible.

Nous avons ainsi parcouru les rues d’Aix-en-Provence afin de répertorier les lieux qui pourront figurer sur le site. Nous avons pu mesurer les progrès qui ont été fait mais aussi l’immensité de la tâche qui reste à accomplir en matière d’accessibilité, les bonnes volontés comme les résistances. C'était également l'occasion de belles rencontres avec les bénévoles qui ont permis à cette action de voir le jour... Un grand coup de chapeau à eux pour tout le boulot accompli !

 

La loi de 2005 avait prévu deux grandes obligations pour l’accessibilité à compter du 1er janvier 2015. En premier lieu, les locaux d’habitation, les établissements et installations recevant du public, les lieux de travail devaient être accessibles à tous et notamment aux personnes handicapées quel que soit leur handicap. D’autre part, la chaîne du déplacement (transport, voirie, espaces publics) devait être organisée de façon à permettre l’accessibilité dans sa totalité aux personnes handicapées. Mais ça c’était avant… Avant que Matignon n’annonce un report de l'obligation. Les commerces de proximité ou cabinets médicaux auront ainsi trois ans de rab. Six ans pour les mairies, écoles, chaînes d’hôtellerie et de commerce. Et neuf ans de plus, soit jusqu’en 2024, pour la SNCF. Le souci c'est que la loi de 2005 faisait suite à celle de 1975 qui prévoyait déjà... En clair, cela fait déjà non pas 10 ans mais 38 ans que l'accessibilité pour les personnes handicapées est prévue, annoncée... Puis reportée !

 

Et pourtant l’accessibilité demeure l’élément indispensable pour une insertion digne de ce nom dans cette même société dans laquelle nous vivons TOUS. C’est cette accessibilité qui nous permet d’aller et venir où bon nous semble, d’avoir une vie sociale, de pouvoir accéder à notre lieu de travail et aux différents lieux publics, de remplir les obligations du quotidien, de sortir, d’avoir des loisirs, d’avoir accès à la culture, de pratiquer des activités, de faire du sport et bien d’autres choses encore…

 

L’absence ou le manque d’accessibilité a également une influence directe et très importante sur l’image que les gens peuvent avoir des personnes handicapées et de leurs capacités. Un petit exemple… Admettons que je veuille accéder à l’étage d’un immeuble. Premier cas, cet immeuble est équipé d’un ascenseur et je peux donc accéder à l’étage voulu sans aucune assistance. Second cas, pas d’ascenseur j’aurai donc besoin de l’aide d’une personne si je veux accéder à l’étage. Dans les deux cas, je suis resté le même homme pourvu des mêmes capacités. Ce qui change ? La situation et pour le second cas l’image que l’on aura de moi, c’est-à-dire une personne qui ne pourra pas se débrouiller par ses propres moyens. Et c’est ainsi que pour encore beaucoup trop de gens, une personne handicapée reste une personne qui a forcément besoin d’une personne valide pour ses déplacements et pour pratiquer une activité quelle qu’elle soit.

 

De la même manière, l’exemple pourrait s’appliquer aux personnes dites valides. On oublie ainsi trop souvent qu’une personne valide peut accéder à des lieux, pratiquer telle ou telle activité, non pas parce qu'elle est valide mais bel et bien parce qu'elle dispose d'équipements adaptés à sa personne qui lui permettront ainsi d’aller et venir librement et sans entraves et de pratiquer les activités de son choix. Imaginons un architecte qui n’a pas toute sa tête. Le voilà qu’il construit un bel immeuble. Le seul souci, c’est que sa jolie construction est dépourvue d’escaliers. Irrité(e), (évidemment !) vous protestez… Et l’on vous répond que cet aménagement là coûte bien trop cher et qu’il vous faudra solliciter l’aide d’un grimpeur qui vous tractera jusqu’à l’étage ! Vous trouveriez cette réponse absurde ? Je vous rassure : moi aussi ! C’est pourtant une chose que j’entends encore trop souvent et c’est l’un des arguments utilisés pour repousser la mise en place des aménagements prévus par la loi de 2005. Ce qui pour une personne valide est un droit bien naturel que personne n’imaginerait contester, reste une option pour une personne handicapée… ce qui contribue encore à nous différencier un peu plus et à nous faire passer pour une catégorie de personnes encore à part.

 

Et pourtant, à partir du moment où certains lieux bénéficient d'aménagements, les activités peuvent devenir praticables par une personne handicapée. Bien sûr ça ne veut pas dire non plus qu'il suffit d'aménagement pour que l'on puisse tout faire. Mais si limites il y a, chacun a les siennes, indépendamment du statut de personnes handicapées qui n'est qu'un vocable qui regroupe des situations très différentes les unes des autres. Mais ces limites ne sont pas forcément celles que l'on nous impose et certaines d'entre elles sont franchissables...

 

Mon handicap n'est pour moi qu'une de mes caractéristiques physiques parmi tant d'autres, au même titre que ma couleur de peau, ma taille ou mon poids. Avec l’accessibilité et les aménagements nécessaires, j’ai pu faire de nombreux sports comme l’athlétisme (courses en fauteuil dans le cadre de compétitions), la musculation, le ski alpin, le ski nautique, l’escalade, la natation, le basket ou le handbike. Avec l’accessibilité et les aménagements nécessaires, j’ai pu pratiquer des activités comme la danse, le théâtre, la chute libre, le parapente et m’initier au pilotage d’un avion et d’un planeur.

 

Ce que je veux, c’est être avant tout considéré comme un homme à part entière qui vit sa vie le plus pleinement possible.

 

Ce que je veux, c’est faire des choses pour satisfaire mes besoins, mes envies pour mon propre plaisir et mon épanouissement. Des besoins, des envies qui sont exactement les mêmes qu’un homme valide. (Et bien non, je ne suis pas un extra-terrestre !)

 

Ce que je veux, c’est transmettre aux autres certains de mes plaisirs et certaines de mes envies pour ensuite pouvoir les partager avec les autres. Et quand je parle de partage et de transmission, ce sont des choses que je voudrais destiner à tous, sans tenir compte de la condition physique, du sexe, de l'âge ou de la couleur de peau des personnes qui m'entourent...

 

Je considère simplement que les autres ont à apprendre de moi, tout comme moi j'ai à apprendre d'eux. La découverte, l'échange de nos expériences et leur partage, voilà ce qui est le plus important à mes yeux.

 

Publié sur Facebook le 12/10/14



21/10/2015
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